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Kagame pour un autre septennat sans plus ; Analyses : démocratisation des mentalités

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 16 mai 2017 à 10:36

Dans une interview que le Chef de l’Etat Paul Kagame vient d’accorder à François Soudan de Jeune Afrique n0 2940 du 14 au 20 mai 2017, il lui est demandé si ce septennat qui s’annonce est le dernier. D’une façon légèrement évasive, il montre qu’il ne tient pas à s’éterniser au pouvoir :
"... il est probable que je clarifie ce point bientôt, quand j’entrerai en campagne électorale. Il existe une sorte de contrat entre moi, d’une part, le parti FPR et le peuple rwandais, de l’autre. Ces derniers ont souhaité, (...)

Dans une interview que le Chef de l’Etat Paul Kagame vient d’accorder à François Soudan de Jeune Afrique n0 2940 du 14 au 20 mai 2017, il lui est demandé si ce septennat qui s’annonce est le dernier. D’une façon légèrement évasive, il montre qu’il ne tient pas à s’éterniser au pouvoir :

"... il est probable que je clarifie ce point bientôt, quand j’entrerai en campagne électorale. Il existe une sorte de contrat entre moi, d’une part, le parti FPR et le peuple rwandais, de l’autre. Ces derniers ont souhaité, via le référendum constitutionnel de décembre 2015, que je poursuive ma tâche, ce que j’ai accepté. Mais le temps est venu de leur dire qu’ils doivent commencer à réfléchir, au-delà de ma personne", a-t-il répondu.

Pourtant beaucoup de chantiers qu’il a entrepris au début de son septennat en 2003 sont, certains d’entre eux, loin d’être entamés : la démocratisation de la base communautaire et l’éthique et la déontologie professionnelle de l’arène politique rwandaise.

Il est vrai qu’il s’est d’abord attellé à des questions clés que sont la formation des classes sociales rwandaises avec une sorte de brillance de l’économie et du développement des infrastructures socio économiques de base tout en passant par la redynamisation de certaines entreprises clés des services (Tourisme, ICT, Construction, Import-Export) devant booster rapidement ce développement, mais le redécollage économique du Rwanda était pratiquement impossible avec plus de 80% de citoyens en deça du seuil de pauvreté. Toute velleité de démocratisation de la base communautaire n’était pas non plus un souci prioritaire des citoyens ruraux à plus de 90% et qui, leurrés par des politiciens tricheurs et criminels d’avant le génocide des Tutsi de 1994, sortaient à peine des erreurs et crimes commis contre l’humanité au point que pour eux politique égalait crimes et désordre, instabilité et confrontation social.

Gouverner par discipline, avec autorité

Pour échaffauder ses chantiers de développement socio économique dont UBUDEHE (Programme gouvernemental visant à renforcer la capacité des personnes indigentes), VUP(Vision2020 Umurenge Programme/ Développement intégré des Midugudu), Une Vache-Une Famille, Umurenge SACCO (Culture de l’épargne et du crédit populaire), Electrification rurale, Mutuelle de Santé (Couverture médicale pour tous les Rwandais), Education-Pour-Tous 9YBE et 12YBE, respectivement Education gratuite à 9 puis 12 ans, Gouvernance Décentralisée ; Paul Kagame et son FPR ont imposé une discipline de fer dans la gestion de la chose publique et dans la façon de faire de la politique. Tous cves chantiers sont menés synergiquement afin qu’apparaisse très rapidement un environnement propice aux affaires et par ricochet, pour une rapide creation de richesses sociales et une evolution ou plutôt un changement profond de mentalités.

Un consensualisme à l’aune de la société rwandaise, une vraie opposition politique à venir

Si le mode de gouvernance politique a toujours été un consensualisme dans la prise de decisions politiques tout au long de ces deux septennats ; ce mode de gestion tenait compte de l’état de délabrement de la société rwandaise d’alors.
D’autres politiciens réclament une autre formule de gestion démocratique. Associer tous les partis officiellement politiques agréés au pouvoir, cela s’avère avoir fait son temps. Un certain Jean Mbanda, ancient Député PSD/Parti Socio Démocrate trouve que la société rwandaise a franchi un pas dans l’évolution des mentalités. Il trouve aussi que certains Rwandais, revanchards, sont entrain de travestir la notion de l’opposition politique dans une société rwandaise.

“Moi j’ai un problème sérieux à ce propos. J’invite les politiciens oeuvrant dans la diaspora à faire le voyage de Kigali et de se jeter dans la mêlée électorale et gagner le droit de l’opposition, et partant, un espace de droit d’expression. Une certaine frange de politiciens rwandais est toujours plongée dans la propagande selon laquelle il faut un dialogue inter rwandais pour un partage du pouvoir. Moi je ne crois pas que ce soit la bonne idée ; cette formule de partage du pouvoir. Celui qui est plébiscité par les citoyens doit prendre le pouvoir. (…) Le terme opposition, de par sa définition, rassemble une frange de politiciens issus de partis vaincus aux élections parlementaires (..) Tu ne peux pas être de l’opposition quand tu n’as pas gagné des sièges au Parlement. Le Parlement, c’est ça la seule tribune où un politicien s’exprime, ce n’est ni dans la rue, ni sur internet. La rue, ce sont des manifestations pour groupes syndicaux, ONGs et autres associations plaidant pour les droits des gens”, a confié le politicien Jean Mbanda de son retour de l’exil canadien voulant montrer qu’à l’heure actuelle, les partis PL ou PSD sont des partis susceptibles de jouer à l’opposition politique rwandaise car ils ont gagné quelques sieges au Parlement lors des récentes legislatives.

Voici donc un chantier sur lequel devra travailler le Président Paul Kagame avant sont depart de 2024. Ce chantier consistant à redessiner les cartes de la gouvernance démocratique ne pourra être possible que si les citoyens auront des institutions à la base communautaire pour renforcer leur esprit critique positif. Autrement dit il faudra des media parfaitement acquis au développement socio démocratique des classes sociales rwandaises qui se construisent pour montrer que telle classe sociale a des intérêts qu’elle doit défendre et pour lesquels tel politicien conçoit un parti qui fait le plaidoyer de celle-ci.

La discipline de fer du Président Paul Kagame, seule, peut construire un tel professionnalisme politicien et une société d’hommes et de femmes ayant incrusté en eux des valeurs de tolerance et d’acceptation des idées et des aspirations d’autrui.
Pourra-t-il rien qu’en sept ans ci devant remodeler une société rwandaise aux diverses classes sociales qui s’acceptent et capables de faire des revendications pacifiques de classes qui entrent dans des oreilles réceptives de ceux à qui sont adressées ces doléances ?

Pourra-t-il dans ce si peu laps de temps avoir réglementé le puissant FPR son parti qui distribuera toutes les actions de ses entreprises commerciales à ses adherents les plus inconditionnels qui, plus tard et en cas de besoin, n’hésiteront en aucun moment à s’acquitter de grosses contributions pour une bonne santé de ce parti qui devra être multiséculaire ? N’auront-ils pas eux aussi fondé des fortunes colossales grâce à ce parti ? Il sera décidément le leur matériellement et idéologiquement.

A Kigali pour l'ouverture de Great Black Music, Dorcy Rugamba à gauche et Marc Benaïche à droite.

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